EMG et Explorations
Pathologies Neurologiques

Atteinte du nerf supra-scapulaire dans l'échancrure spino-glénoïdienne : diagnostic et rôle de l'EMG

Dr Hugo Yaïche - Neurologue, EMG
June 23, 2026
7 min read

L'atteinte nerf supra-scapulaire échancrure spino-glénoïdienne résulte souvent d'une compression par un kyste synovial, provoquant une faiblesse isolée du muscle infra-épineux. Le diagnostic est confirmé par l'IRM et l'électromyogramme (EMG), ce dernier étant crucial pour évaluer la sévérité de la lésion nerveuse et valider la nécessité d'une intervention chirurgicale.


Une douleur sourde localisée à l'arrière de l'épaule, accompagnée d'une perte de force progressive lors de la rotation externe, est une présentation clinique souvent confondue avec une simple lésion tendineuse. Pourtant, ces symptômes signalent fréquemment une atteinte du nerf supra-scapulaire au niveau de l'échancrure spino-glénoïdienne, une zone de vulnérabilité anatomique où le nerf peut subir une compression isolée. Il est crucial d'identifier cette pathologie précocement afin d'éviter une atrophie définitive du muscle infra-épineux, stabilisateur essentiel de votre épaule. Dans cet article, nous analyserons les causes fréquentes de ce syndrome, notamment les kystes synoviaux et les contraintes mécaniques liées au sport.

Comprendre le syndrome de l'échancrure spino-glénoïdienne

Le nerf supra-scapulaire est une branche motrice et sensitive majeure issue du plexus brachial. Dans sa course vers la partie postérieure de l'épaule, il chemine à travers des zones de passage étroites appelées échancrures. Si la compression au niveau de l'échancrure coracoïdienne est la plus connue, l'atteinte nerf supra-scapulaire échancrure spino-glénoïdienne représente une entité clinique distincte et plus subtile.

Contrairement à une lésion proximale qui touche l'ensemble des muscles de la coiffe postérieure, le syndrome de l'échancrure spino-glénoïdienne se caractérise par une localisation plus distale, située sous le ligament transverse inférieur. Cette spécificité anatomique rend le diagnostic complexe, car les symptômes peuvent mimer d'autres douleurs articulaires sans présenter de déficit moteur évident au premier abord.?

Pour comprendre la spécificité de cette pathologie, il est nécessaire d'analyser la chronologie du trajet nerveux. Après son passage dans l'échancrure coracoïdienne, le nerf supra-scapulaire délivre ses premières branches motrices destinées au muscle supra-épineux. Ce n'est qu'après avoir assuré cette fonction qu'il poursuit sa course vers le bas et l'arrière, contournant la base de l'épine de l'omoplate pour s'engager dans l'échancrure spino-glénoïdienne.

Ce défilé ostéo-fibreux est fermé par le ligament transverse inférieur. Puisque la bifurcation nerveuse vers le supra-épineux a lieu en amont, une compression située précisément sous ce ligament n'impacte que les fibres distales du nerf. Par conséquent, l'atteinte nerf supra-scapulaire échancrure spino-glénoïdienne se traduit cliniquement par une souffrance isolée du muscle infra-épineux (ou sous-épineux), épargnant totalement le muscle situé au-dessus de l'épine scapulaire. Ce muscle, logé dans la fosse infra-épineuse, assure principalement la rotation externe du bras.

Cette architecture précise constitue un point de repère essentiel lors de la réalisation d'un électromyogramme. En tant que neurologue, l'examen me permet de constater un contraste net : une activité électrique normale dans le muscle supra-épineux associée à des signes de dénervation ou un bloc de conduction dans l'infra-épineux. Cette distinction topographique est l'élément clé qui permet de localiser le siège de la lésion, éliminant d'emblée une compression plus proximale au niveau cervical notamment.

Les causes fréquentes : kyste spino-glénoïdien et micro-traumatismes

La cause la plus fréquente de cette pathologie est la présence d'un kyste synovial, souvent qualifié de kyste spino-glénoïdien. Ce kyste se développe généralement à la suite d'une fissure du bourrelet glénoïdien postérieur, aussi appelé labrum. Le liquide synovial s'échappe de l'articulation à travers cette lésion et s'accumule dans l'espace réduit de l'échancrure, créant une compression mécanique directe sur le nerf. Cette étiologie est particulièrement fréquente chez les patients jeunes et actifs présentant des douleurs chroniques de l'épaule.

En dehors des causes tumorales ou kystiques, les facteurs dynamiques jouent un rôle majeur dans l'apparition d'une atteinte nerf supra-scapulaire échancrure spino-glénoïdienne. Les sportifs de haut niveau pratiquant des disciplines nécessitant des mouvements d'armer du bras répétitifs, tels que le volley-ball, le tennis ou le handball, sont particulièrement exposés. Lors de la phase d'abduction et de rotation externe maximale, le nerf subit des phénomènes de traction ou de compression intermittente sous le ligament transverse inférieur. À terme, ces micro-traumatismes répétés provoquent une souffrance nerveuse qui se manifeste par une faiblesse musculaire localisée.

Symptômes et signes cliniques d'une compression nerveuse à l'épaule

La présentation clinique d'une atteinte nerf supra-scapulaire échancrure spino-glénoïdienne est souvent insidieuse, ce qui peut retarder le diagnostic initial. Le patient décrit généralement une douleur sourde et profonde, localisée à la face postérieure de l'épaule. Cette sensation douloureuse n'est pas forcément aiguë mais s'aggrave de manière systématique lors de l'activité physique ou des mouvements de rotation répétitifs.

Lors de l'examen clinique au cabinet, l'observation visuelle est fondamentale. Le signe pathognomonique est l'amyotrophie de la fosse infra-épineuse ; on observe une fonte musculaire nette créant un creux sous l'épine de l'omoplate. Ce signe est d'autant plus évocateur qu'il contraste avec un muscle supra-épineux qui conserve son volume normal. Sur le plan fonctionnel, le patient présente une faiblesse marquée en rotation externe du bras, testée contre résistance.

Le rôle déterminant de l'EMG dans le diagnostic de précision

Face à une suspicion clinique d'atteinte nerf supra-scapulaire échancrure spino-glénoïdienne, l'examen électrophysiologique constitue l'étape incontournable pour valider l'hypothèse diagnostique.

La présence de signes de dénervation active (comme des fibrillations ou des pointes positives) localisés exclusivement à l'infra-épineux confirme que le blocage se situe sous le ligament transverse inférieur.

L'IRM : un complément indispensable à l'électromyogramme

Une fois que l'électromyogramme a confirmé l'atteinte nerf supra-scapulaire échancrure spino-glénoïdienne, l'IRM devient l'outil morphologique de référence. Si l'examen électrique objective la souffrance réelle du nerf, l'imagerie par résonance magnétique est la seule à pouvoir en identifier la cause structurelle exacte.

L'IRM excelle dans la détection des kystes synoviaux spino-glénoïdiens, souvent invisibles à la radiographie classique. Elle permet de localiser précisément la masse compressive, d'en évaluer le volume et de confirmer son lien avec une éventuelle lésion du bourrelet glénoïdien (labrum). Au-delà de la cause, l'imagerie apporte une information capitale pour le pronostic : l'état du parenchyme musculaire. En analysant le signal du muscle infra-épineux, on peut quantifier le degré d'involution graisseuse.

Cette transformation des fibres musculaires en tissu adipeux témoigne d'une dénervation prolongée. Plus cette involution est marquée, plus les chances de récupération fonctionnelle après traitement diminuent. Ce bilan complet, associant la précision de la réalisation d'un électromyogramme à la finesse de l'imagerie, est indispensable pour décider d'une éventuelle intervention chirurgicale.

Traitements et perspectives de récupération

La prise en charge d'une atteinte nerf supra-scapulaire échancrure spino-glénoïdienne débute généralement par une approche conservatrice adaptée au profil du patient. Le repos sportif est impératif pour stopper les phénomènes de traction itérative, complété par une rééducation spécifique axée sur le renforcement des rotateurs externes et la stabilisation de la scapula.

En cas de présence d'un kyste synovial, une ponction sous guidage échographique ou scanographique peut être proposée pour décomprimer rapidement la zone. Toutefois, si les symptômes persistent après plusieurs mois ou si la réalisation d'un électromyogramme met en évidence une dénervation sévère avec perte axonale marquée, la neurolyse chirurgicale par arthroscopie devient nécessaire. Cette intervention permet de libérer le nerf en sectionnant le ligament transverse inférieur et de traiter la lésion labrale associée pour éviter les récidives.


Understanding suprascapular nerve entrapment in the spinoglenoid notch is vital for effective shoulder recovery. Electromyography remains the definitive tool to confirm nerve compression and assess its severity. If you are seeking specialized insight into your symptoms, professional neurological guidance can help clarify your diagnosis. You can learn more about the various Pathologies EMG we manage to see how these tests guide treatment plans. My practice focuses on providing the precise diagnostic data required to help you regain full shoulder function.